Plus volumineux...


l'addition mammaire

L'addition mammaire, aussi connue sous le nom d'augmentation mammaire, est une chirurgie esthétique qui consiste à introduire un implant (prothèse) gonflable derrière le sein ou le muscle pectoral (sur lequel repose la glande mammaire) afin d'augmenter le volume. L'implant au salin physiologique est gonflable alors que l'implant au gel de silicone est pré-gonflé. Il existe plusieurs types d'implants mammaires et tous consistent en une enveloppe externe souple.

L'enveloppe

La paroi de l'enveloppe externe est faite de silicone, mais attention ! il ne s'agit pas du gel de silicone (voir : gel de silicone). La silicone est un matériel offrant une grande biocompatibilité avec l'organisme humain. Ce matériel est d'ailleurs utilisé dans la fabrication d'implant articulaire, stimulateur et valve cardiaque, condom, lubrifiant et certains médicaments.


Implants au salin physiologique


Prenez note que les implants réels sont transparents.

La forme de l'enveloppe est ronde et présente un profil haut (figure 1) ou un profil modéré (figure 2). Le profil haut a une plus petite circonférence que le profil modéré et donne plus de projection aux seins. Les implants profil haut sont suggérés aux dames qui ont un thorax ou un sein étroit. La surface lisse est préférable à celle texturée. La surface texturée n'est pas recommandée car elle augmente les risques de complications telles que la perforation de l'implant et la déformation du sein. L'implant mammaire avec un profil anatomique (en forme de goutte d'eau) est déconseillé puisqu'il y a un risque de rotation de l'implant lors de la manipulation du sein.


Le sérum physiologique

Le sérum physiologique est en fait de l'eau stérile contenant une concentration de sodium (sel) à 0,9 %, produit qui est réabsorbé par notre système en cas de fuite et qui est tout à fait inoffensif puisqu'il ressemble beaucoup au liquide qui compose 70 % de notre corps.



Le gel de silicone

Les implants mammaires mis sur le marché dans les années soixante étaient remplis d'un gel de silicone. Ce gel, grand responsable de toute la polémique entourant la sécurité des implants, est maintenant en vente libre au Canada depuis octobre 2006, sous restriction pour les dix prochaines années.

En accordant la vente des implants au gel de silicone aux fabricants, Santé Canada les assujettit à certaines conditions dont :


  • Faire le point de façon continue pendant 10 ans sur les résultats des essais cliniques à long terme.
  • Mener, d'ici un an, une vaste étude à long terme visant des dizaines de milliers de femmes.
  • Poursuivre les études d'exérèse d'implants et les analyses - provenant de toutes les sources disponibles afin de mieux caractériser les modes et causes possibles de défaillance.

Il est donc important de savoir et de comprendre que les implants au gel de silicone sont maintenant en vente libre au Canada mais toujours soumis à de nombreuses études.

(Voir le site Internet de Santé Canada : http://www.hc-sc.gc.ca/ahc-asc/media/nr-cp/_2006/2006_103-fra.php)


Conséquences possibles reliées à la rupture de l'implant mammaire au gel de silicone :


Les conséquences de la rupture d'un implant mammaire au gel de silicone ne sont pas tout à fait connues puisque les études sont en cours. On a cependant signalé des cas de fuite de gel de silicone vers le thorax, l'aisselle, la partie supérieure de l'abdomen, le bras et l'aine. Des études ont démontré la présence de gel de silicone dans le foie de patientes porteuses d'implants mammaires remplis de gel de silicone. On a aussi signalé des cas où le gel de silicone avait migré vers les ganglions lymphatiques de l'aisselle et avait causé une lymphadénopathie, même s'il n'y avait aucun signe de rupture.

Les conséquences possibles d'une fuite de gel de silicone sont les suivantes :


  • Lésions au système nerveux
  • Dégénérescence des tissus en contact direct avec le gel de silicone
  • Changement de taille ou de forme du sein
  • Calcification de la capsule fibreuse
  • Apparition de granulomes
  • Induration des tissus mammaires
  • Douleurs



Lors d'une rupture de l'implant au gel de silicone ou d'une contracture de la capsule fibreuse avec calcification, les chirurgies sont difficiles, longues et coûteuses.


En bref, les implants au gel de silicone cohésif :


  • Nécessitent une incision de 5 à 6 centimètres (implants au salin par voie axillaire : 2,5 centimètres)
  • Augmentent la palpation de replis des implants mammaires (paroi plus épaisse)
  • Nécessitent des suivis d'imagerie par résonance magnétique (IMR) pour s'assurer qu'il n'y a pas de fuite. D'après la Food and Drugs Administration (FDA), une patiente porteuse d'implants au gel de silicone devrait subir une première imagerie par résonnance magnétique 3 ans après sa chirurgie et par la suite, à chaque 2 ans. Ces suivis peuvent être aux frais de la patiente. La somme des frais associés à ces suivis peut dépasser le coût de la chirurgie initiale.
  • Pour subir une augmentation mammaire ou une deuxième intervention avec des implants au gel de silicone, la patiente doit avoir au moins 22 ans (pour les implants au salin physiologique, la patiente doit avoir au moins 18 ans).

Les études actuelles sur les implants mammaires au gel de silicone cohésif démontrent qu'il y a maintenant un risque moins élevé de contracture de la capsule fibreuse, mais ce risque demeure néanmoins toujours plus élevé que celui concernant les implants au salin physiologique. D'après ces mêmes études, le risque de fuite de silicone serait également diminué, mais le phénomème de transpiration du silicone à travers la paroi de l'implant persiste probablement. C'est dans une vingtaine d'années que l'on pourra affirmer avec certitude que ces implants sont sécuritaires. Vous voulez faire partie de ces études ?


Le chirurgien plasticien a la responsabilité de vous donner toute l'information détaillée et écrite concernant les implants au gel de silicone. Il doit également vous faire signer un document mentionnant que vous avez reçu l'information et que votre décision est éclairée.


L'intervention chirurgicale... incision chirurgicale
et positionnement de l'implant


Types d'incisions

Il existe trois types d'incisions classiques pour l'introduction de l'implant mammaire : voie axillaire, périaréolaire et inframammaire.


Transaxillaire (creux axillaire - à l'aisselle)

Absence de cicatrice sur le sein


Technique par endoscopie - L'endoscopie consiste à introduire une petite caméra par une petite incision qui transmet l'image agrandie sur un moniteur, lequel permet d'effectuer la technique chirurgicale de façon précise et ainsi réduire les risques de complications possibles.

  • Technique utilisée chez la majorité des patientes de la clinique de Dr Bernier

  • Diminution des risques d'infection
  • Diminution des risques de saignement excessif
  • Cicatrice de 2,5 cm au niveau des creux axillaires (peu ou pas apparente)
  • Possibilité de débuter les massages dans les premiers jours suivant la chirurgie
  • Diminution des risques de perte de sensibilité des mamelons (visualisation directe des nerfs)
  • Allaitement possible après la chirurgie


Concernant la technique par voie axillaire à l'aide de l'endoscope, il est faux de croire que :


  • En cas de complications, il faut obligatoirement faire une autre cicatrice sur les seins. Il est toujours possible, par endoscopie de traiter les complications par la même cicatrice dans l'aisselle.
  • Les risques d'infection augmentent. En 15 ans de pratique à notre clinique, aucun cas d'infection n'a été noté.
  • L'écartement des seins est plus important par cette technique. L'écartement des seins est directement lié à l'insertion du muscle pectoral sur les côtes. Donc, après l'augmentation mammaire, la distance entre les seins sera la même qu'avant l'intervention chirurgicale peu importe le site d'insertion (axillaire, inframammaire ou périaréolaire). Cependant lorsque les implants sont placés derrière la glande mammaire, l'écartement des seins peut être diminué.

Attention ! La technique avec insicion à l'aisselle sans la caméra d'endoscopie n'est pas recommandée, car il y a une augmentation des risques de saignement, de malpositionnement des implants mammaires et de perte de sensibilité.


La chirurgie par endoscopie est l'avenir du monde médical. Elle est utilisée notamment en orthopédie, gynécologie, ORL, chirurgie pédiatrique, chirurgie générale (intestinale) et en chirurgie plastique. Certains chirurgiens plasticiens se refusent à l'avancement technologique de la chirurgie endoscopique soit par manque de connaissances scientifiques, soit pour des raisons financières, puisque cette technique demande un investissement important et des coûts d'entretien élevés.


Périaréolaire (autour de l'aréole)

Technique non-endoscopique
  • Technique pouvant être associée à une mastopexie
  • Cicatrice pouvant être visible chez certaines patientes
  • Augmentation des risques de saignement excessif
  • Augmentation des risques de perte de sensibilité des mamelons en raison d'une mauvaise visualisation des nerfs
  • Augmentation des risques d'infection en raison du passage à travers la glande mammaire
  • Possibilité d'anomalie à la mammographie en raison de séquelle cicatricielle de la glande mammaire
  • Difficulté possible à l'allaitement

Inframammaire (pli inférieur du sein)

Technique non-endoscopique
  • Augmentation des risques d'infection
  • Augmentation des risques de contamination des champs opératoires par le chirurgien pendant la chirurgie
  • Augmentation des risques de perte de sensibilité des mamelons en raison d'une mauvaise visualisation des nerfs;
  • Augmentation des risques de saignement excessif;
  • Cicatrice pouvant être visible;
  • Possibilité d'un mal positionnement de la cicatrice en raison de la descente et du positionnement de l'implant mammaire.
  • Difficulté possible à l'allaitement

L'emplacement des implants mammaires :

Sous-musculaire

Pour patientes ayant un volume AA/A ou B-


Avantages :
  • Meilleur recouvrement de l'implant;
  • Aspect naturel;
  • Risque diminué de palper les replis des implants mammaires ;
  • Idéal chez les patientes présentant peu de glande mammaire;
  • Meilleure visualisation du tissu mammaire à la mammographie.
  • Allaitement possible

Désavantages :
  • Patientes plus souffrantes
  • Augmentation des risques de déplacement latéral des implants
  • Déformation possible des seins lorsqu'il y a une contraction du muscle pectoral
  • Ne modifie pas l'écart entre les seins (l'écart demeure le même avant/après la chirurgie)

Sous-glandulaire

Pour les patientes avec une grande quantité de tissu mammaire (volume B+ ou C).


Avantages :
  • Patiente moins souffrante
  • Peut améliorer l'écart entre les seins
  • Absence de déformation des seins lors de la contracture des muscles pectoraux
  • Diminution des risques de déplacement des implants

Désavantages :
  • Apparence non naturelle des seins à long terme
  • Diminution de la visualisation du tissu mammaire à la mammographie.
  • Risque plus élevé de palper les replis des implants mammaires
  • Imposibilité de redrapage mammaire (mastopexie) dans le futur
  • Possibilité d'augmentation des risques de contracture de la capsule fibreuse
  • Difficulté possible à l'allaitement

Nouveautés:

Sous fascia musculaire

Pour les patientes avec une grande quantité de tissu mammaire (volume B+ ou C).

Mêmes avantages et désavantages que sous-glandulaire (voir ci-haut) mais peut-être plus naturel que sous-glandulaire car le fascia musculaire pourrait camoufler le contour de l'implant.


Une fois l'incision réalisée, il s'agit de préparer la cavité pour recevoir l'implant à l'aide d'instruments chirurgicaux spécifiques. L'implant au salin physiologique non rempli est inséré et positionné, soit sous la glande mammaire, soit sous le muscle pectoral. Une fois en place, l'implant est alors rempli de salin physiologique (par transfert aseptique) afin d'obtenir le volume désiré. L'intervention dure en moyenne une heure et demie et est réalisée sous anesthésie générale. La convalescence pour une addition mammaire par endoscopie est d'environ une semaine.